
"Maîtresse, quand est-ce qu'on tweete ?" La première "twittclasse" française a vu le jour en 2009 dans un lycée de La Rochelle. Depuis, nombre d'écoles utilisent le réseau de microblogging, notamment pour l'enseignement de l'écriture et de la lecture. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Cécile Bontron Assis devant le petit bureau de la chambre de ses parents, Lucas réfléchit à la phrase qu'il veut écrire. Car en 2010, le petit Dunkerquois a fait partie de la première classe française de CP utilisant Twitter pour apprendre à lire et à écrire. L'initiative reste marginale, mais elle se multiplie chez les enseignants. Dans la classe de Lucas, aucun élève et très peu de parents connaissaient Twitter lorsque Jean-Roch Masson, l'instituteur, leur a présenté le projet à la rentrée 2010. @Classe_Masson s'est vite rodée. Le logiciel qu'utilise la classe sépare les tweets publiés par les twitteurs que la classe suit, les tweets qui leur sont adressés et les messages directs qu'ils reçoivent de manière privée.
Au plaisir des mots : lire, écrire et publier avec Twitter Présentation (rapide) du réseau social Twitter est bien moins utilisé que Facebook et est nettement différent dans son fonctionnement. Il s’agit surtout d’un instrument de veille qui permet de s’abonner à des comptes, publics ou privés (avec accord du gestionnaire du compte) de personnes issues non d’un réseau préexistant mais qu’il faut construire. Ainsi, il s’agit non de (re)trouver des « amis » mais de trouver des comptes qui publient (en 140 caractères) des informations de tous ordres : des liens (le plus souvent enrichis de commentaires), des informations, des commentaires, des notes prises à tel ou tel colloque, etc. Proposer à des élèves de « tweeter », c’est leur proposer de s’astreindre à l’essence même de ce qui fait l’intérêt du Web2.0 : Le projet J’ai commencé par créer des comptes de classe : @littlyc pour la TL et @jevousecris pour la classe de 2nde. Démarche et activités Classe de Terminale Littéraire (@littlyc comme « littérature au lycée ») Bilan pédagogique et didactique
Dossier : Twitteratures Un dossier conçu et réalisé par Jean-Michel Le Baut La twitterature et l’enseignement du français Le mot-valise « twittérature » n’est pas encore, contrairement au mot « tweet », entré dans le dictionnaire Robert ! Il désigne en effet un phénomène récent : des formes variées d’écriture artistique réalisées via le réseau Twitter. L’obligation de brièveté (140 caractères maximum pour un « gazouillis ») s’avère une contrainte particulièrement stimulante, elle donne lieu à des expériences originales de nanoprose ou de nanopoésie, dans la continuité de certaines formes brèves traditionnelles (haïkus, maximes, microrécits ...). Prolongements : Le site de l’Institut de Twittérature Comparée : Les passionnantes analyses et propositions de Monique Le Pailleur : Le réseau des Twittclasses francophones :
Comment les médias sociaux stimulent ma mémoire ( Jean Guitton ) La mémoire, malheureusement, ne se commande pas. Il faut reconnaître notre faible empire sur cette contrée de l’intelligence. Au mieux réussit-on à cultiver aléatoirement certains souvenirs. On ne passe pas son temps, après tout, à déterminer ce que nous retenons, sauf peut-être l’école dans son déterminisme. La nature ne nous accorde pas ce pouvoir de décision. En amont de la pensée, le cerveau réagit principalement à des stimuli. Il aura fallu une requête de Gael Plantin , toujours pénétrant, pour susciter la réflexion sur ma méthode : D’emblée, je lui ai répondu : Poursuivant la réflexion, je constate que ces nombreuses itérations donnent lieu à une sorte de répétition espacée ([ 1 ], [ 2 ]) régulée mémétiquement par les médias sociaux. À cet apport Twitter s’ajoutent mon épluchage des quotidiens et mon agrégation de flux RSS. L’information passe donc par plusieurs cribles, dans un crescendo d’objectivation. Fondamentalement, je n’agis plus seul. Par ricochet :
Les "twittclasses" mettent Twitter à l'heure francophone Primé au forum des enseignants de Lyon en 2011 pour son projet de twittclasse mené avec Amandine Terrier, Bertand Formet encourage les projets pédagogiques avec Twitter dans la francophonie. Il les recense aussi sur le site des twittclasses francophones, véritable vitrine des initiatives et support d’échanges. Nous avons souhaité faire le point avec lui sur les utilisations pédagogiques du réseau social qu’il observe, des apprentissages et des pratiques que ces usages permettent. Combien de twittclasses avez-vous recensées ? 195 utilisations passées ou en cours à cette rentrée 2012 mais ce n'est que mon propre recensement, j'essaye d'être le plus juste possible mais il y en existe certainement d'autres... Elles concernent quelles classes ? De la maternelle à l'université, avec effectivement un peu plus de classes de primaire puis à peu près autant au collège ou au lycée. Pour quels types de projets utilise-t-on Twitter en classe ? Propos recueillis par Monique Royer Liens :