
Derrière le bac, quel projet d’Ecole ? Opinions Instaurer un "bac" en fin de sixième secondaire, c’est oublier que les enfants sont au cœur du projet scolaire et cela reviendra à dévaloriser le principe d’évaluation. Une opinion de Nicolas Dauphin, sociologue et enseignant. La déclaration de politique communautaire nous annonce que dans le cadre des travaux du gouvernement, la ministre de l’Enseignement va donc travailler à la mise en place d’un "bac" en fin de sixième secondaire. L’idée n’est pas neuve. Elle est présente depuis de nombreuses années et les tests et épreuves certificatives externes qui ont vu le jour au cours de ces dernières années donnaient déjà le ton, avec l’appui des comparaisons internationales de type Pisa qui prennent de plus en plus de place dans les médias et in extenso dans les recommandations de pilotage des établissements scolaires. Ainsi l’apparition d’un test certificatif en fin de secondaire n’est pas réellement une surprise.
Les points, ça ne sert à rien? Pour ceux qui nous suivent aussi sur notre page Facebook, nous avons récemment mis en ligne un petit reportage réalisé par les journaux Sudpresse à l’école de Buzet. Particularité de cette école située dans l’entité de Floreffe : les enfants ne reçoivent pas de bulletin et ne sont soumis à aucun contrôle. Et cela n’a rien d’illégal. Dans ce petit village, 57 enfants fréquentent l’enseignement fondamental de Buzet. Avec un certain bonheur si on prend le temps d’écouter les enfants. « Il paraît que dans d’autres écoles, on dit, voilà, débrouillez-vous avec les tables de multiplication », s’inquiète Chloé. « On n’est pas une classe habituelle », dit fièrement Marie. Pas de devoirs ni de bulletin C’est sûr. Quand on a des points et qu’on n’en a pas beaucoup, on est triste. Jean François, l’instituteur, ne dit pas autre chose. Mais des travaux et un chef d’œuvre A Buzet, point de contrôles ou d’examens. Une école de la réussite? Et vous, êtes-vous pour ou contre les points?
Pour en finir (ou presque) avec les notes - Évaluer par les compétences Devant les inconvénients maintes fois montrés des évaluations par la note, certains pays comme la Belgique tentent de passer à l’évaluation par les compétences.En France, à côté des livrets de maternelle et des évaluations nationales en CE2, 6e, 5e et seconde, des professeurs tentent de sortir un peu de notre système traditionnel dans une perspective d’évaluation formative. Un témoignage concret au collège en français, en sixième et cinquième. « - M’dame, c’est noté ? - Non, ce n’est pas noté, c’est évalué ! Beaucoup d’élèves et leurs parents se comportent en consommateurs attendant une note comme on attend une rétribution : « tout travail mérite salaire »... L’institution néanmoins s’inquiète de la violence scolaire, nous apprend, à nous enseignants, qu’il faut combattre l’échec scolaire (comme on réduirait la « fracture sociale » ?) De quelques conséquences de l’abus des notes L’utilisation des notes chiffrées engendre des effets négatifs non négligeables. Une évaluation différenciée
À quoi servent les notes ? « J’ai été saqué ! », « Le prof s’est trompé », « Avec Mme X, j’aurais eu une meilleure note »… Lorsque l’on pose la question de l’exactitude et de la justice de la notation à neuf cents collégiens, on est surpris des réponses. En français, seulement un élève sur six pense qu’il aurait la même note si sa copie était corrigée par un autre professeur. Presque 50 % pensent que leur note serait différente (les autres ne savent pas). Ces collèges qui ont supprimé les notes... Par François Jarraud Critiquées de toutes parts, les notes n'ont plus la cote. Mais ce n'est pas pour autant que l'approche par compétences séduise les enseignants. D'autant que le premier contact, qui rompt avec une tradition d' évaluation plus que centenaire, prend la forme du livret personnel de compétences (LPC), un fastidieux pensum bureaucratique, un vrai antidote au plaisir d'enseigner. "C'est une enseignante de passage dans l'établissement qui a lancé l'idée", explique Jean-Claude Rogeon, principal du collège Guiton à La Rochelle. Pourquoi avoir fait ce choix ? Pourtant ces équipes se sont heurtées à des résistances. Dans la réussite de ces projets, le rôle de l'encadrement semble essentiel. Reste le bilan. François Jarraud Liens : Le dossier de Surgères Un dossier du Café Sur le LPC
Contre l'idéologie de la compétence, l'éducation doit apprendre à penser Dans quelle mesure l'évolution de nos sociétés ébranle-t-elle les conditions de possibilité de l'entreprise éducative ? Marcel Gauchet : Nous sommes en proie à une erreur de diagnostic : on demande à l'école de résoudre par des moyens pédagogiques des problèmes civilisationnels résultant du mouvement même de nos sociétés, et on s'étonne qu'elle n'y parvienne pas... Quelles sont ces transformations collectives qui aujourd'hui posent à la tâche éducative des défis entièrement nouveaux ? Ils concernent au moins quatre fronts : les rapports entre la famille et l'école, le sens des savoirs, le statut de l'autorité, la place de l'école dans la société. A priori, famille et école ont la même visée d'élever les enfants : la famille éduque, l'école instruit, disait-on jadis. Aujourd'hui, la famille tend à se défausser sur l'école, censée à la fois éduquer et instruire. Dans quelle mesure le face-à-face pédagogique est-il bouleversé par cette nouvelle donne ? P. Découvrir M. M. P. P. M. P. M. P. M.
Notes et compétences, quelle équation ? C'est une question qui agite la salle des profs, à l'heure de la mise en oeuvre du socle commun. J'émets l'hypothèse de l'incompatibilité. La note sur 20 permet, à travers l'exemple de la dictée, de sanctionner les fautes. On peut rétorquer que dans les multiples évaluations notées, les points sont comptés en positif : on pointe les réussites des élèves par un point, qu'on pourra d'ailleurs décliner jusqu'au quart de point selon le degré d'approximation de la formulation de l'élève. Retirer un demi ou un quart de point sur une question permet de signifier à l'élève que sa réponse n'est pas parfaite, mais qu'elle comprend tout de même un élément de réponse positif. Mais au final il restera encore une soustraction, celle qui sépare le 12 du 20, ces 8 points non acquis. Si l'on se penche sur les moyennes (obtenues par de savants calculs coefficientés), ce "réel" est biaisé. La moyenne d'un élève n'a de valeur que mise en rapport aux autres élèves de la classe.
L'évaluation par compétences est-elle juste ? Par François Jarraud L'évaluation des compétences par les enseignants est-elle juste ? La question est posée par la Direction des études et prospectives (DEPP) du ministère de l'éducation nationale dans un petit ouvrage sur "les élèves, connaissances, compétences et parcours". La Depp ne fait pas que poser la question de la qualité de l'évaluation. Elle a aussi demandé aux enseignants les objectifs poursuivis pour certaines compétences et obtenu des réponses... intéressantes. "L'attestation de la maîtrise du socle commun est-elle soluble dans le jugement des enseignants" demandent Jeanne-Marie Daussin, Thierry Rocher et Bruno Trosseille, tous trois de la Depp. Qui est désavantagé dans l'évaluation par compétences ? Une surprise ? On évalue quoi ? Ces travaux ne diminuent pas l'intérêt d'une approche par compétences. François Jarraud Michel Quéré (dir.), Les élèves : connaissances, compétences et parcours, La documentation française. Liens : L'ouvrage Les notes sont-elles justes ?
L’école française et les notes : je t’aime… moi non plus. Ce texte fait partie de la série d’articles d’approfondissement qui accompagnent les épisodes du podcast En Quête d’École, diffusés tous les mois sur Kadékol, la webradio de l’Institut Français de l’Éducation. Chaque article revient sur des questions qui traversent le système éducatif français et propose des éléments d’analyse et de réponse tirés de la recherche en histoire et en sciences sociales Cet article accompagne l’épisode du mois d’avril 2021 intitulé : Faut-il supprimer les notes ? Il propose un retour historique sur l’invention de la note chiffrée et sa mise en œuvre dans le cadre du concours d’entrée à l’Ecole Polytechnique. Il montre ensuite les questionnements autour de la fiabilité de la note en tant que mesure scientifique et précise du niveau des élèves, et met en lumière quelques effets de la notation sur les apprentissages. Sommaire D’où vient cette passion française pour la notation ? Avant les notes : une évaluation par la compétition et le classement Bibliographie
L'évaluation des apprentissages dans une approche par compétences - Gérard Scallon Réforme des notes à l'école : les mesures dévoilées courant 2015 J.Cl. | 19 Nov. 2014, 08h22 | MAJ : 19 Nov. 2014, 09h15 Couleurs ? Lettres majuscules ? Soleils et nuages ? Najat Vallaud-Belkacem a précisé ce mercredi matin, sur France Info, que la conférence nationale de consensus (*) qui réunit actuellement enseignants, parents, élèves, professionnels ou amateurs éclairés, autour de l'épineuse question des notes, lui rendrait ses recommandations en décembre et qu'elle prendrait «(ses) décisions courant 2015». En juin 2012, les fédérations de parents, la Peep et la FCPE, se disaient plus favorales à une évolution des notes vers un système plus moderne et plus encourageant. 500 postes supplémentaires en Seine-Saint-Denis d'ici 2017 Outre ce calendrier, la ministre de l'Education nationale a dévoilé une partie du plan qu'elle lancera en fin de matinée en Seine-Saint-Denis. VIDEO. «Aujourd'hui je vais en Seine-Saint-Denis pour annoncer que nous avons décidé de lancer une véritable mobilisation sur trois ans». > Restez informés !