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Oublier l'oubli : mémoire et traçabilité numérique

Oublier l'oubli : mémoire et traçabilité numérique
Cycle de conférences PACA-Marseille "L'Internet change-t-il le temps ?", 31 mars 2011 Une conférence de Louise Merzeau, organisée par l'ADBS Paca, en partenariat avec l'Alcazar BMVR de Marseille, dans le cadre du cycle de conférences "L'Internet change-t-il le temps ?". Connexions, navigations, consultations, évaluations, relations : dans l'environnement numérique, tous nos agissements déposent une trace, souvent à notre insu. Louise Merzeau est maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'université Paris Ouest Nanterre La Défense, et membre du CRIS. Ses recherches portent sur les rapports entre mémoire et information en fonction des environnements techniques et médiatiques (photo, TV, Web...). Ancienne rédactrice en chef des Cahiers de médiologie, elle est actuellement membre du comité de rédaction de la revue MédiuM et membre du comité scientifique de la revue Documentaliste - Sciences de l'information et des éditions de l'ADBS.

La mort numérique : choix de l'oubli, droit à la copie Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Olivier Ertzscheid (maître de conférences en sciences de l'information. IUT de La Roche sur Yon. Université de Nantes.) Vous venez de mourir. Récemment c'est grâce à un article du Daily Mail sur le supposé procès que Bruce Willis comptait intenter à Apple, que la planète découvrait stupéfaite qu'un utilisateur d'Itunes ne pouvait à son décès rien conserver ni transmettre à ses proches, l'ensemble des produits (films, musiques, livres) cessant d'exister à la clôture du compte. La question de la mémoire, de la transmission par-delà la mort est depuis longtemps déjà bouleversée par le numérique. Pourtant des solutions simples semblent exister : pour certains services, on pourrait donner son identifiant et son mot de passe à ses enfants ou à ses proches. La question fondatrice du siècle qui s'ouvre aux générations sans cesse connectées, sera indubitablement cette question de la copie.

« Où vont vos données quand vous mourrez? » «Qui s'occupera de mon compte Facebook après ma mort?». Cette interrogation, qui pouvait sembler saugrenue il y a quelques années encore, est révélatrice de notre temps : en parallèle de notre existence physique, nous disposons à présent d'une existence parfaitement... numérique, qui survit généralement à notre passage dans l'au-delà. Comment gérer l’identité en ligne des défunts ? Que faire de leurs photos, de leurs vidéos, de leurs tweets, bref, du flux d’information qu’ils laissent derrière eux ? C’est la question soulevée samedi 6 octobre lors du Digital Death Day à Londres. La conférence, qui porte comme sous-titre « Where does your data go when you die ? > Facebook, plus grand cimetière du monde Facebook a dépassé cette semaine le cap du milliard d’utilisateurs, mais combien de personnes ayant un compte sont aujourd’hui décédées ? > L’interminable deuil « Face à la mort, on a besoin de se protéger. > Un nouveau business > Transmettre son patrimoine numérique

Il y a quelque chose après la mort : ça s'appelle le réseau L'externalisation de nos mémoires documentaires a commencé dans les années 70 avec l'arrivée et l'essor de la micro-informatique, pour culminer dans les années 80 avec les mémoires optiques de stockage (CD-Rom puis DVD). Ces «mémoires» et l'externalisation afférente avaient alors principalement pour objet les «informations» et «connaissances» au sens large (journaux, encyclopédies) ainsi que, progressivement, l'ensemble des produits rattachés aux industries culturelles (livres, films, disques). Progressivement, à la fin des années 90 et au début des années 2000, ce mouvement d'externalisation bascula du côté de nos mémoires personnelles, là encore avec un climax que l'on peut situer vers 2010 avec la généralisation de l'informatique en nuage ( cloud computing ). Near Death Data Experience Plusieurs cas et plusieurs stratégies des grands acteurs du cloud dépositaires desdites mémoires ont déjà défrayé la chronique. Electro-encéphalogramme numérique plat Don't Be Evil et Go to Hell

Pourquoi baissons-nous la garde avec la confidentialité de nos données Pressés, distraits, la plupart du temps nous ne faisons pas attention aux trop complexes conditions générales d’utilisation que nous acceptons. Nous échangeons nos données personnelles contre un service ou un avantage qu’on ne peut pas toujours négocier ou refuser. Alessandro Acquisti, économiste du comportement à l’Université Carnegie Mellon à Pittsburgh où il enseigne l’ingénierie de la vie privée, étudie la façon dont nous faisons ces choix. Ses recherches ont montré que, bien que nous nous disions concerné par la vie privée, nous avons tendance à agir d’une manière incompatible à nos principes, explique Somini Sengupta dans un long article qu’il lui consacre pour le New York Times. Ses recherches montrent combien il est facile de manipuler les gens pour récolter des informations sur eux. Le contrôle de nos données : une illusion ? Alessandro Acquisti s’intéresse à comment une technologie de la liberté est détournée en technologie de surveillance. Hubert Guillaud

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